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26.01.2008

Marcel, le 25 novembre 2006

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C'était à la Sainte-Catherine, le jour de mon mariage, en plein repas... une panne de courant, la musique s'arrête, tout le monde se regarde, ça sent la fête gâchée...
Marcel se lève, enroule sa serviette et s'en sert comme micro et pendant tout le temps de la panne, il anime la soirée, c'est inoubliable !!!! Encore Merci mon onc (comme on dit chez nous).
Patrick et Sandra

Marc Delaby raconte.... Marcel

Il est vrai que l'épisode du retour Marcel de Russie fait partie des nombreux souvenirs , mais pour la compréhension de ce qui le liait intensément à Marcel, et à son épouse Josette , Marc Delaby préfère revenir pour l'instant à la fin des années 60...


Il se trouve que dans les années 60 mes parents ont emménagé dans un petit quartier de Lens (62) où une société HLM avait fait construire une sorte de lotissement de maisons mitoyennes par 2 . Ce n'était pas un coron comme l'évoquait Marcel, mais ça y ressemblait: les maisons , bien qu'accolées que par 2 étaient toutes identiques , et l'esprit de fraternité entre les habitants existait encore .
La société HLM de l'époque louait ces maisons aux familles , mais tout ou partie du loyer était en fait une sorte de crédit qui permettait aux résidents de devenir au bout de 25 ou 30 ans propriétaire de cette maison , moyennant une petit capital supplémentaire .

Il se trouve que par le plus pur des hasards , 3 familles Delaby se sont retrouvées dans ce " lotissement " , mon père, Michel, et ses cousins , Paul et Marcel , leurs épouses et enfants respectifs .
Nos voisins mitoyens , Rudy et Paulette ont rapidement rejoint la "troupe" de ces joyeux lurons, tout juste trentenaires , mais déjà nantis de nombreux enfants , tous pratiquement du même âge .

En 69, la société où mon père travaillait " dégraissa' (déjà) et l'alternative était claire , le licenciement ou sa "délocalisation" en Moselle dans une autre usine , ce qui fût leur choix . Et nous voilà déracinés en Moselle à ( à l'époque) 6 heures de route de Lens

A chaque vacances et quand c'était possible, mes parents revenaient dans le Pas-de calais (62) , et nous faisions la "tournée de toute la famille" tout en étant hébergé chez nos grands-parents .
Je dois dire que mon petit âge avançant, ce genre de pèlerinage bisannuel ne m'enchantait pas toujours : dans la grande maison de mon grand-père porion à la retraite il n'y avait qu'un jouet : un puzzle d'une carte de France avec les départements à reconstituer ..Du côté de ma mère , un jeu de Loto chez mes grands-parents ...
C'était tout.

Je suppose qu'un jour de visite et lassés de mes bêtises ou de mes demandes , mes parents m'ont déposés en " pension" chez nos ex-voisins Paulette et Rudy dont le fils Frédéric , d'1 an mon aîné, avait été un ami avec qui je correspondais régulièrement depuis notre départ en Moselle .
Ce fut ainsi pendant quelques années que mes parents se déchargeaient, pour mon plus grand plaisir ,de ma présence pendant leurs périgrénations chez toute la famille du "62"
Un jour que je fus débarqué de la sorte chez Paulette et Rudy (nos anciens voisins mitoyens et amis) , mon ami Frédéric était en " colo" et ne devait pas rentrer sous une semaine . Je m'ennuyais un peu , et je décidai d'aller rendre visite à mes " cousins" , qui vivaient au bout de la rue à 150 mètres ; dans la maison de Marcel et Josette , je devais avoir 10 ou 11 ans, et c'est ainsi que j'ai découvert celui que j'ai appelé plus tard "Mon Marcel"

A Suivre....

La Sainte Barbe en 2006

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Marcel, lors de la messe de Sainte Barbe en 2006

24.01.2008

A la mémoire de Marcel DELABY

Voici le texte lu par Julien DELABY lors de la cérémonie à l'église de Lens, à la mémoire de Marcel DELABY le Mercredi 23 janvier 2008

Né à Sallaumines le 6 octobre 1936 dans une famille de mineurs, Marcel est le 7ème et dernier de la fratrie, tous des garçons… tous destinés à la mine.
Enfant, il montrera une grande hardiesse dans ses jeux avec ses camarades, sur les terrils notamment où l’on sent poindre une graine de meneur.
Il atteint ses 14 ans et son certificat d’étude, il est temps qu’il entre au travail.
Son père est décédé l’année précédente, 50 ans : gazé en 14 et silicosé.
Marcel ne souhaite pas entrer à la mine, faute de trouver mieux ailleurs, il s’y résoudra quand même : six mois au triage, puis descente au fond. Il y fera l’expérience de plusieurs postes de travail dont celui de galibot de
géomètre dont il rêvait ! Son porion le repèrera vite, il lui suggérera même de reprendre des cours du soir.
Marcel fut donc mineur comme ses frères, il y restera 9 ans.
A la suite de Michel, son cousin, il découvre la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) où il montre un bel esprit d’initiative ; il est vite désigné trésorier de la section locale, lui qui n’avait jamais vu un mandat, qui n’avait jamais passé le seuil de la poste… « Tout ce que j’ai appris à la JOC ça m’a servi plus tard dans ma carrière professionnelle. »
La JOC, c’est aussi la rencontre avec Josette, jociste également, son amour, son épouse. Ils partageront le même idéal, les mêmes convictions, le même engagement, les mêmes tensions, la même solidarité en particulier dans la lutte contre la maladie. Ils auront trois enfants : Hervé, Clotilde, Yves, tous très proches de Marcel et Josette.
En 1960, Marcel quittera la mine : trop s’est trop, il veut quitter cette menace constante d’enfermement, plusieurs accidents au fond le convaincront de l’urgence de quitter la mine : « J’ai eu trois grandes peurs », dira-t-il,
notamment lorsqu’il fut pris seul sous un éboulement, dont il ne sortira que grâce à sa présence d’esprit.
Resté cependant admiratif des durs métiers de la mine, il racontera plus tard, sur Internet, avec des détails savoureux, le travail au fond de la mine. Il lisait avec respect « El’ première déchinte » un poème en patois d’Achille Saletzki, « C’est tout à fait ce que j’ai vécu ! » – Les élèves du collège Jean-Zay profiteront aussi de son témoignage d’ancien mineur.
Après un bref passage dans une entreprise de bâtiment il trouvera l’embauche aux laminoirs de Lens : toujours curieux de tout, s’intéressant aux techniques de fabrication, il sera vite repéré et estimé capable d’assumer des responsabilités : il prendra sa retraite en position de chef d’atelier. Il sera très fier de deux épisodes importants : tout d’abord celui de son voyage en Russie pour initier des ouvriers russes au maniement des machines utilisées à Lens ; puis, à la demande de la direction de l’usine, la mise sur informatique du processus de fabrication de l’usine afin d’en préserver la mémoire.
Après un logement provisoire, ils entreront dans leur maison construite par Coopartois au 5, rue Jules-Vallès à Lens. Une maison que Marcel embellira beaucoup, démontrant à nouveau ses qualités d’excellent bricoleur en tous domaines. C’est ainsi que plus tard il plongera (le mot n’est pas trop fort) dans l’informatique et Internet.
Ses qualités de bricoleur-dépanneur, il les mettra en oeuvre dans l’installation de ses enfants, chez des camarades, pour aider des amis à surfer sur Internet : « Y peut pas s’impêcher d’aider les autres ».
Marcel et Josette sont aussi actifs dans leur quartier, grâce à la CSF, association syndicale des familles, dont Marcel deviendra responsable départemental. Présent à l’usine, Marcel sera élu délégué CFDT. A la retraite, Marcel s’intéressera dès sa création au Comité des sages de Lens où il entrera au bureau, dirigera une commission et animera avec brio chaque année la semaine bleue destinée aux personnes âgées.
Quand le club lensois de BMU (Bassin minier Unesco) relancera la célébration annuelle de la Sainte-Barbe : il répondra présent : belle occasion de témoigner de ses souvenirs de la mine et d’y développer ses qualités
d’animateur.
Et à travers toutes ces activités militantes, Marcel restera un gai luron, capable d’égayer un rassemblement de camarades ou de rompre une tension passagère par une blague dont il a le secret. Il a toujours en réserve
quelques histoires drôles qui feraient rire un « mont d’ caillaux ». Cela détend l’atmosphère car Marcel ne se résout pas aux tensions : s’il aime le débat, il en attend des choix clairs, précis, sans procès d’intention.
C’est alors qu’arrivera cette maladie… qui prend bientôt l’allure d’une catastrophe, une catastrophe qui anéantit ses proches et ses amis. Mais, Marcel a un tempérament de battant et il se battra; il cherchera à comprendre où est le mal, ce que la médecine peut faire pour l’endiguer, le remettre debout. Il comptera beaucoup sur un répit de la maladie, un répit lui permettant de retrouver ses capacités de mouvement… sa déception sera grande, à la dimension de l’espoir. Il surmontera cette déception avec l’aide de Josette ; Josette dont on ne dira jamais assez
combien la force de sa présence fut apaisante durant ses trois mois de souffrance et l’approche de sa destinée, bien qu’elle en perdit le sommeil.
Lassé de l’hôpital, il obtiendra de rentrer chez lui. L’HAD (hospitalisation à domicile) fera merveille en soins comme en accompagnement, associant étroitement Josette à son action, requérant toujours son accord avant toute nouvelle initiative. La présence journalière de ses enfants et de son frère André, le soutien quotidien de ses proches camarades, le réseau plus large encore de ses nombreux amis, y compris ceux du « club 50 » d’Internet,
auront donné aux soins infirmiers une dimension supérieure dont il s’expliquera lui-même : sachant que le mal progresse inexorablement, et que parfois le découragement pointe le nez : « Mais je ne baisse jamais
les bras, dira-t-il, car je pense alors à tous ceux qui me soutiennent, qui pensent à moi et je repars ».
Marcel croit en Dieu. Sa maladie a revivifié cette foi reçue dans sa jeunesse. S’il se prépare au grand passage, il veut quand même comprendre comment ça se passera, comment ? quand ? Il recevra le sacrement des malades et demandera souvent la communion. « Je ne pars pas, nous dira t-il, je vais seulement dans la pièce à côté ».
Par son témoignage, son comportement Marcel transformera son entourage, ses amis proches et lointains : Marcel est devenu un témoin de Jésus-Christ, un apôtre.
Les messages reçus de ses correspondants Internet depuis le début de sa maladie témoignent de la grande humanité qui émane de la vie de Marcel. Merci Marcel pour ton exemple de militant, pour ta disponibilité aux
camarades, merci pour tes convictions, merci pour la foi en Jésus-Christ dont tu as témoigné jusqu’à la mort.
A Josette, à Hervé, à Clotilde, à Yves, et à toute ta famille, nous renouvelons, mon très cher Marcel, l’expression de notre profonde affection

Encore merci à Paul, Julien et tout ceux qui ont préparé ce texte qui nous a tant ému

André

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Photo de Marcel prise en juin pendant un séjour en Corrèze

22.01.2008

Pour Marcel

Marc, je pense que ce texte a sa place dans le Blog,
Demain, vous pourrez venir sur ce Blog à 10h30 le compteur indiquera le nombre de personnes présentes à l'instantané.
Nous, nous accompagnerons Marcel pour son dernier voyage.

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Dites, dites, si c'était vrai
S'il était né vraiment à Bethléem, dans une étable
Dites, si c'était vrai
Si les rois Mages étaient vraiment venus de loin, de fort loin
Pour lui porter l'or, la myrrhe, l'encens
Dites, si c'était vrai
Si c'était vrai tout ce qu'ils ont écrit Luc, Matthieu
Et les deux autres,
Dites, si c'était vrai
Si c'était vrai le coup des Noces de Cana
Et le coup de Lazare
Dites, si c'était vrai
Si c'était vrai ce qu'ils racontent les petits enfants
Le soir avant d'aller dormir
Vous savez bien, quand ils disent Notre Père, quand ils disent Notre Mère
Si c'était vrai tout cela
Je dirais oui
Oh, sûrement je dirais oui
Parce que c'est tellement beau tout cela
Quand on croit que c'est vrai.


Ces mots seront lus demain dans l'église qu'il a choisie .
Puissent-ils nous réconcilier et nous unir , croyants , et non croyants



.....C'était son idée

Marc Delaby ( de Moselle)

20.01.2008

En mémoire de Marcel

Ce blog vous permettra de faire parvenir à la famille, tous vos messages à l'occasion du décès de Marcel.
Voici son Faire-part
son frère André, Josette (son épouse), Hervé, Clotilde, Yves (ses enfants).

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Ses dernières notes...

Les dernières notes de Marcel sur son Blog, c'était le 30 décembre 2007:

Je vais essayer de mettre quelques mots, c’est comme un déclic, tout le monde se précipite, pour lire et prendre de mes nouvelles...
Ce matin pas fort, ben oui dans l’entourage il y a des amis qui ne comprennent pas que parfois le malade ressent quelque chose qui ne s’explique pas, mais ça c’est le cas général.
Je vais essayer de ne pas trop garder cela
On a besoin de tout son monde pour être heureux.
Aujourd’hui dimanche, jour du Seigneur, on va m’apporter la communion, il y a encore des gens, qui y croient, et qui donnent de leur temps pour que les malades ne se sentent pas seuls
Je prierai pour vous amis blogueurs.
Ce qui y croient et aussi ceux qui n'y croient pas.

Il n'est pas parti, il est seulement dans la pièce à côté.

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